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L'École d'architecture accueille Émélie Desrochers-Turgeon


L'École d'architecture accueille Émélie Desrochers-Turgeon 

La Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal a le plaisir d'annoncer l'entrée en fonction d'Émélie Desrochers-Turgeon à titre de professeure adjointe à l'École d'architecture. 

Historienne de l'architecture et designer, Émélie Desrochers-Turgeon détient un baccalauréat en design de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal, une maîtrise en architecture de l'Université McGill et un doctorat en architecture de l'Université Carleton (2024). Boursière Vanier du Canada (2018-2021), résidente doctorale au Centre canadien d'architecture (2020) et lauréate du prix du Collège des présidents de l'Ordre des architectes du Québec (2014), elle a reçu la Médaille du Sénat de l'Université Carleton pour l'excellence de son parcours doctoral. Elle a aussi pratiqué l'architecture à Montréal et à Berlin, au sein de projets de mise en valeur du patrimoine, de réhabilitation et de design d'exposition. Avant son entrée en fonction à l'UdeM, Émélie Desrochers-Turgeon était professeure adjointe à l'École d'architecture de l'Université Dalhousie, à Halifax. 

Ses recherches explorent la manière dont les territoires sont négociés, transformés et représentés à travers l'architecture. Sa thèse de doctorat, intitulée Land, Science and Architecture: Politics of Scale in 1856-1914 Ottawa, retrace le rôle des institutions des géosciences dans la production des savoirs et des territoires du Canada moderne. Membre du collectif de recherche et de création Beyond Extraction, elle a codirigé l'ouvrage Architectures of Hiding, en plus de signer de nombreux textes sur les dessins d'archives des pensionnats autochtones du Canada et sur les paysages de l'Arctique. 

« Au sein de l'École d'architecture, mes recherches interrogeront l'héritage au prisme du sol et du climat, en étudiant les sites à risque et les matérialités extractives qui façonnent nos écologies patrimoniales. À la croisée de l'histoire environnementale et des études critiques du patrimoine, mon travail explore les effets de la modernité coloniale sur les formes bâties, tout en plaçant les enjeux de réparation, de justice spatiale et de mémoire au cœur de la réflexion. Mes travaux s'articulent autour de trois urgences interconnectées : les cultures de l'extraction, la mutation des terrains face au climat et la déconstruction des héritages coloniaux de l'architecture », explique la nouvelle professeure. 

Cette démarche façonnera aussi son enseignement : « J'ai hâte d'enseigner l'histoire de manière engagée, critique et créative afin de renouveler nos regards sur les dispositifs du patrimoine. Je souhaite développer une pédagogie engagée qui pousse à repenser la conservation architecturale et patrimoniale à travers le prisme de l'anti-extractivisme et du soin. En combinant perspectives anticoloniales et outils spéculatifs, nous explorerons comment l'intervention spatiale peut devenir un acte culturel et politique de réparation. Ensemble, nous façonnerons des outils spéculatifs pour penser l'espace, en envisageant la destruction et la préservation comme des forces interdépendantes. »